Quand les premiers flocons tombent sur le Domaine de Malescot, un silence apaisant s’installe sur nos ruchers. On pourrait croire que la nature s’est arrêtée de respirer. Pourtant, à l’intérieur de chaque colonie, une lutte fascinante pour la survie est en cours.
Contrairement aux idées reçues, l’abeille n’hiberne pas. Elle hiverne. Découvrez les coulisses de la vie secrète de nos protégées durant les mois les plus froids de l’année.
La grappe hivernale : un radiateur naturel ultra-performant
Le plus grand défi pour une colonie d’abeilles en hiver est de maintenir une température vitale. Dès que le thermomètre descend en dessous de 10°C, les ouvrières se regroupent au cœur de la ruche pour former ce que nous appelons une « grappe ».
Elles se serrent les unes contre les autres, la Reine étant protégée au centre, dans la zone la plus chaude. Pour produire de la chaleur, les abeilles font vibrer leurs muscles thoraciques (ceux qui servent normalement au vol) sans bouger leurs ailes. Ce mouvement génère une énergie thermique capable de maintenir le centre de la grappe à environ 25°C à 30°C, même s’il gèle à pierre fendre à l’extérieur !
Le miel : le carburant de la survie
Puisqu’il n’y a plus de nectar à butiner sous la neige, nous comptons sur les stocks constitués avec prévoyance durant l’été et l’automne : le précieux miel.
C’est ici que notre éthique d’apiculteurs prend tout son sens. Au Domaine de Malescot, nous veillons toujours à laisser suffisamment de provisions de miel à chaque colonie lors de la dernière récolte. Ce miel est leur unique carburant : sans lui, elles n’auraient jamais l’énergie nécessaire pour faire vibrer leurs muscles et chauffer la maison commune.
Le saviez-vous ? Une colonie peut consommer entre 15 et 20 kg de miel pour traverser l’hiver en toute sécurité.
Notre rôle au Domaine : protéger sans déranger
Si les abeilles travaillent dur à l’intérieur, de notre côté, la règle d’or est absolue : le repos total. Ouvrir une ruche par temps de neige laisserait s’échapper la chaleur précieuse accumulée par la grappe, ce qui pourrait être fatal à la colonie en quelques minutes.
Les abeilles d’hiver : des super-ouvrières
Saviez-vous que les abeilles nées à l’automne sont de véritables athlètes ? Alors qu’une abeille d’été s’épuise en 6 semaines, l’abeille d’hiver, plus robuste et riche en corps gras, vit jusqu’à 6 mois. Sa seule et unique mission est de maintenir ce foyer protecteur jusqu’aux premières floraisons du printemps.
Conclusion : Un renouveau en préparation
La neige n’est pas une fin, c’est une transition. En respectant ce cycle de vulnérabilité, nous garantissons la santé de nos futures récoltes de miel artisanal et la vitalité de la biodiversité que nous chérissons tant.